site de Roger Faligot

Vendredi 18 Mai 2012

Site officiel du journaliste écrivain Roger Faligot
Newsletter
Rechercher
DEPECHES

Times of India
Historic Facebook IPO marred by trading glitches

Irish Times
Three for court on terrorism charges

Japan times All stories
Resona vows early bailout payback




LA SAGA DES HACHEMITES
DE RéMI KAUFFER



Rien n'y manque : les rivalités entre impérialismes ottoman, anglais et français ... l'Arabie ... l'Irak ... la Syrie ... le Liban ... la Jordanie ... le sionisme ... la Première et la Seconde Guerres mondiales ... la lutte contre les projets nazis à Bagdad ... Glubb Pacha et sa "Légion arabe" ... la première guerre israélo-arabe ... la fondation de l'Etat hébreu ... le sort tragique des Palestiniens ... les révolutions ... les coups d'Etat militaires ... les guérillas ... le pétrole.



Rien ni personne : Winston Churchill ... Lawrence d'Arabie ... Ibn Séoud, le chef des terribles guerriers wahhabites ... Ben-Gourion, le premier président israélien ... Nasser l'Egyptien ... Le Grand Mufti de Jérusalem, implacable ennemi des juifs et des Hachémites ... Saint-John Philby, père du futur espion soviétique Kim Philby ... Gertrude Bell, la "mère de l'Irak", archéologue, alpiniste, exploratrice, orientaliste, agent secret, et bien d'autres acteurs, occidentaux ou arabes du drame moyen-oriental.

Avec leur père le chérif de La Mecque, les Hachémites lancent, aux côtés de Lawrence d'Arabie, la guérilla de 1916-1918 contre les Turcs. Ils veulent un royaume arabe unifié sous la coupe de leur famille. De ce grand rêve ne subsiste que l'actuel royaume hachémite de Jordanie.


Dernier roi du Hedjaz, la partie occidentale de la péninsule arabique qui abrite les villes saintes de Médine et de La Mecque, l'aîné, Ali (1879-1935) va en être chassé par Ibn Séoud. Les Hachémites ont perdu la terre sacrée de l'islam.
Favori de Lawrence d'Arabie, Fayçal (1885-1933), le troisième, devient roi de Syrie. Mais l'armée française le chasse de Damas. Sous l'œil de sa "tutrice" politique anglaise Gertrude Bell, il prendra la place d'Abdallah, un temps pressenti, comme roi d'Irak. Spolié de sa couronne, Abdallah (1882-1951), le cadet devra se contenter de la Jordanie. Assassiné devant la mosquée d'Omar de Jérusalem par un Palestinien pour sa modération envers Israël, auquel il a pourtant livré une guerre, c'est son petit-fils, le roi Hussein, qui va lui succéder.


L'héritier de Fayçal, Ghazi Ier, meurt d'un accident d'automobile à la veille d'une Seconde Guerre mondiale qui menace le trône et voit les nazis tendre la main aux nationalistes arabes. Le fils de Ghazi, Fayçal II, lui succède. Mais trop jeune, la régence échoit à son oncle Abdulillah - un Hachémite bien sûr puisqu'il s'agit du fils d'Ali, l'aîné des quatre frères. Nouri Saïd, un vétéran de la révolte arabe des années 1916-1918, devient l'homme fort du régime.


En 1941, la révolte des quatre colonels du "Carré" d'or, appuyée par l'Allemagne, débouche sur un échec. L'armée britannique écrase les rebelles. Abdulillah et Nouri Saïd font condamner à mort et exécuter les colonels du "Carré d'or" l'un après l'autre. Des deux royaumes hachémites, celui de Bagdad et celui d'Amman, le premier est de loin le plus puissant. Abdulillah, Fayçal II et Nouri Saïd regardent avec commisération la petite Transjordanie d'Abdallah. Mais le deuxième des quatre frères hachémites est doté d'une volonté de fer et d'un sens de la diplomatie assez rare. Alternant la carotte et le bâton (en l'occurrence, sa Légion arabe, meilleure troupe du Moyen-Orient commandée par un Anglais, Glubb Pacha), il négocie secrètement avec les sionistes, en passe de proclamer l'Etat d'Israël. La guerre israélo-arabe de 1948-1949 voit la Légion arabe sauver une partie de Jérusalem. Assassiné en 1951 par un Palestinien extrémiste, Abdallah cède la place à son fils, Talal, auquel succède bien vite son petit-fils, le futur roi Hussein de Jordanie. Ce dernier monte sur le trône le 2 juillet 1953, le même jour que son cousin Fayçal II.



En 1958 les militaires républicains d'inspiration nassérienne conduits par Kassem et Aref assassinent Fayçal II, Abdulillah et toute la famille royale. Abattu en pleine rue, Nouri Saïd ne leur survivra que deux jours.

Seul échappe au massacre le dernier des quatre frères, Zaïed (1898-1970), ambassadeur d'Irak à Londres.

On croit Hussein de Jordanie condamné à court terme. En fait, ce "petit roi" doté d'un baraka extraordinaire et de grandes qualités d'homme d'Etat va régner encore un demi-siècle au milieu des pires tourmentes : guerre israélo-arabe de 1967 (où il perd la partie arabe de Jérusalem), septembre noir de 1970 où il écrase les mouvementrs palestiniens qui défiaient son autorité, guerre du Golfe ...

La saga se conclut avec sa mort, en février 1999.
Ç'en est fini du rêve hachémite, mais il aura beaucoup contribué à façonner le Moyen-Orient que nous connaissons aujourd'hui. Avant Rémi Kauffer, nul, français ou étranger, n'avait conté cette saga pleine de combats, de complots et de fureur.


2009
565 pages
envoyer a un amiimprimer


ON EN PARLE DANS LA PRESSE